Depuis leur retour en métropole en 1963, les marsouins du 2° de Marine stationnent dans la Sarthe à la caserne Martin des Pallières. Avant elle, d’autres garnisons, par delà les mers, ont porté avec fierté ce glorieux nom. Mais pour l’ensemble des marsouins et bigors, ce nom est avant tout associé au général de division Martin des Pallières, rendu célèbre à Bazeilles le 31 août 1870.
Pour autant, la vie du général commandant la 2° brigade de la Division de marine ne se résume pas à ce seul épisode si épique soit-il.
Charles Martin des Pallières est né à Courbevoie le 22 novembre 1823. Admis à Saint Cyr en mai 1841, il choisit l’infanterie de Marine à sa sortie d’école et est affecté au 3°RIMa à Toulon.
Rapidement, il s’illustre aux 4 coins du monde et manque à plusieurs reprises d’y laisser la vie. Blessé au cours de la prise de Mogador (Maroc) en août 1844, le lieutenant Martin des Pallières est fait chevalier de la Légion d’Honneur. En 1855, il participe dans les rangs du Régiment d’Infanterie de Marine, au siège de Sébastopol au cours duquel il est blessé une deuxième fois.
Envoyé en Crimée, il a le cou(p) traversé par une balle à l’attaque du Mamelon Vert. Nommé chef de bataillon en 1855, il sert successivement au 4°RIM, puis à compter de 1860, date de sa nomination au grade de lieutenant-colonel, au 2° Régiment d’infanterie de marine. Au sein de ces deux formations, il participe aux expéditions d’Indochine. En 1862, pendant la campagne du Mexique, il commande la portion centrale du 2° à Brest. Après un séjour au Sénégal de mars 1864 à avril 1865, le colonel Martin des Pallières commande le 2°RIM jusqu’à sa nomination en janvier 1868 au grade de général de brigade.
Blessé le 31 août 1870 à Bazeilles, le général est rapatrié sur Mézières. A peine guéri, il se rend à Tours, et se voit confier par Gambetta le commandement, à titre auxiliaire, d’une division de l’armée de la Loire. Mais lors du retour offensif des Prussiens, le général Martin des Pallières, est accusé de négligences, et perd son commandement.
Conservateur monarchiste, il est élu représentant de la Gironde à l’Assemblée nationale, en 1871. Choisi dès le début de la session, comme questeur, et constamment réélu depuis, il prend place à droite, parmi les membres du parti royaliste. Il est rarement à la tribune : en 1871, il présente un projet de réorganisation militaire dont il rédige un ouvrage « Réorganisation de l’Armée française » en 1871. Charles Martin des Pallières écrit également « Orléans », ouvrage dirigé contre la dictature de Gambetta pendant la Défense nationale.
Le général de Division Martin des Pallières, décède le 10 septembre 1876. Il est commandeur de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Ordre de Charles III d’Espagne. Charles Martin des Pallières a également reçu la Médaille de Crimée de sa Majesté la reine d’Angleterre, et la Médaille de Chine.

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