2°RIMa, l'historique


L'épopée coloniale

Stationné à Brest, le Régiment a deux détachements à l’extérieur, l’un en Guyane et l’autre en Martinique. En 1839, il participera à l’expédition du Mexique mais n’aura pas l’occasion de s’y illustrer.

En 1840, 5 compagnies participeront à l’expédition de La Plata. Grâce à leur action pacificatrice, une convention sera signée entre la France et l’Argentine.

La conquête de l’Océanie.

En 1843, un bataillon aux ordres du Commandant DE BREA partira pour l’Océanie afin d’y rétablir l’ordre. La reconquête des Marquises coûtera 2 morts et 13 blessés au Régiment. Nos anciens se lanceront en 1844 à l’assaut de Tahiti. Ils reprendront successivement la presqu’île de Tairapu, les villages de Mahahena et Happae. Nos pertes s’élèveront à 1 mort et 16 blessés. D’autres accrochages auront lieu en 1845 et nous coûteront quelques blessés.

En 1846, las de cette guerre larvée faite d’escarmouches et d’embuscades, le Commandant DE BREA décidera de frapper fort. Papenoo, Fatahua et Punauia seront successivement conquis de haute lutte. Ces combats nous coûteront 60 hommes. Le commandant mourra lors des combats de Punauia

 

La conquête de la Nouvelle-Calédonie.

Le 13 octobre 1856, la 1ère Compagnie s’embarque pour la Nouvelle-Calédonie. Elle y rejoint d’autres unités du Régiment, dont la 2e Cie. Elle arrivera le 15 août 1857, et s’installera à Canala en 1858. Tour à tour, les tribus de Bonde, Hienghene et Taro seront pacifiées. Il nous en coûtera 2 morts et 5 blessés.

Le 17 janvier 1860, quatre autres compagnies partiront pour Nouméa. La 1ère montera une expédition le 30 juin contre la tribu de Mea et rétablira le calme. Au mois de novembre 1863, ce sera l’expédition de Koumac, à la tête de quarante hommes, le Lieutenant ARNAUD s’illustrera au cours de cette opération. D’abord il parlementera, puis il attaquera résolument les insurgés et reprendra successivement huit villages. De retour à Nouméa, le Gouverneur s’adressera à la petite troupe en ces termes: « Officiers et soldats, qui avez opéré le 27 novembre dans la vallée de Koumac, vous méritez tous les éloges ».

En 1865, un petit détachement interviendra aux îles Loyauté, il sera commandé par le Lieutenant BOURGEY qui s’illustrera à Bazeilles. Cette même année, il faudra aussi intervenir contre Gate, Pondumeko et Puanloche.

En 1866, il sera nécessaire de ramener à nouveau à la raison la tribu belliqueuse de Hienghene et la tribu de Ki.

En 1867, ce seront les tribus de Ero et de Ouebias qui devront être ramenées dans le rang. Le 7 janvier 1868, l’Adjudant MALEZIEUX est envoyé en reconnaissance avec dix hommes pour sur veiller la tribu des Maloumes. Le soir, la petite troupe est entourée par 1200 canaques. L’adjudant prend position sur un piton. Le groupe fait face pendant quatre heures. Il est sur le point de succomber. Le chef des Mouloumes est tué, les canaques se replient dans les montagnes où ils seront traqués. La plupart d’entre eux périront de faim et de maladies. La paix sera signée le 28 février. Par ordre du Gouverneur, le pic où se sont déroulés les combats du 7 janvier prendra le nom de « Pic Malezieux », l’adjudant sera nommé sous-lieutenant. Les Marsouins GUILLEMONT et GAUDRILLERS donneront leur nom aux vallées voisines. Le terrain particulièrement difficile permettait aux Canaques de disparaître dans la nature et les expéditions punitives se terminaient fréquemment par l’incendie des villages.


La Campagne de Crimée.

Fin 1853, la France et l’Angleterre, déclarent la guerre à la Russie. Une section participera au siège de Sébastopol. Sept hommes seront blessés, quatre autres mourront du choléra.

En 1854, cinq compagnies partiront de Brest pour la Crimée. Elles formeront plus tard le 4e RIMa qui inscrira dans ses annales Inckermann, Alma et Sébastopol, victoires remportées contre les Russes. Dans le même temps, 22 compagnies, 12 du 1er et 10 du 2e s’embarqueront pour la BALTIQUE afin d’assiéger BOMARSUND. Le 16 août 1854, BOMARSUND tombera. Nous ferons 2.400 prisonniers et récupérerons à l’ennemi 144 pièces d’artillerie. Cette victoire ne coûtera au Régiment que deux blessés.

Sur ordre de l’Empereur, est portée sur les Drapeaux des deux régiments l’inscription : BALTIQUE BOMARSUND 1854


 

La pacification des Amériques.

En 1840, un corps expéditionnaire est formé à Cherbourg, il comprend en outre deux compagnies du 2. Il intervient en Argentine, à la Plata pour y faire respecter les intérêts de la France. Il triomphera sans avoir à combattre.

En 1850, il faudra repartir pour la Plata, cette expédition connaîtra un dénouement aussi heureux que la précédente, et finira en 1851.

En 1861, un bataillon interviendra au Mexique pour sauvegarder nos intérêts, il sera accompagné par un autre bataillon du 1er RIMa. Le premier combat sera celui des Cumbres le 28 Avril. 6.000 Mexicains seront contraints au repli. Le 5 mai 1862, le détachement français ne pourra venir à bout des Mexicains qui se sont repliés dans Guadalupe. Le combat durera neuf heures mais il faudra se replier. Le Régiment a eu 13 tués et 12 blessés. Le corps expéditionnaire commença le siège de PUEBLA le 18 avril. Le Général FOREY commandait, il s’adressera à ses troupes en ces termes :
« Vous montrerez que vous êtes partout, en Afrique, en Crimée, en Italie les premiers soldats du monde ». Un mois plus tard l’ennemi faisait sauter ses dépôts de munitions, détruisait ses armes et se rendait. Le Chef de Corps, le Colonel HENNIQUE eut à convoyer 3.200 prisonniers dont 1.200 officiers. Le 8 août le Régiment, sans coup férir, reprendra Tampico. Les Mexicains s’étaient repliés à Altamira que le Régiment conquerra le 18. Cette victoire coûta la vie à quatre hommes et trois furent blessés.

A la suite de cette campagne, notre Drapeau pour l’inscription : PUEBLA 1863

 

La pacification de l’Extrême-Orient.

En 1856, pour faire face aux graves troubles de Canton, le gouvernement décide d’envoyer en Chine un corps expéditionnaire. Trois compagnies du Régiment participeront à cette expédition. Le siège de la ville commencera le 27 décembre 1857, le 29 la ville sera reprise. Le 20 mai 1858, les forts de l’embouchure du Pei-Ho sont repris à l’ennemi. Sept marsouins payent de leur vie ce fait d’armes et 14 autres sont blessés.
Le 13 février 1858, deux compagnies du Régiment, associées à deux autres compagnies du 3e RIMa, forment un bataillon pour intervenir en Indochine. La ville de Tourane sera reprise à l’ennemi et la région sera pacifiée en quelques mois.

Entre 1859 et 1861, le corps expéditionnaire reprendra Saïgon et de nouveau Tourane. Ces victoires coûteront au Régiment 1 mort et 13 blessés. En 1863, les 1ère, 2e et 4e Compagnies passent au 3e de l’Arme pour compléter le corps expéditionnaire d’Indochine. En 1866, une ordonnance prescrit l’envoi de cinq autres compagnies du 2. Ces troupes firent face à l’insurrection de Cochinchine. Le 8 janvier, ils participeront à la prise d’An-Cu, ce qui permettra de pacifier la province de Tay-Ninh. Nos pertes seront de 2 morts et 36 blessés.

Fin 1867, trois compagnies du Régiment participeront à la pacification des trois provinces de l’est qui sont encore sous la domination annamite.

En 1868, le poste de Rachi-Gia en Cochinchine est attaqué par des pirates. Sur les 25 occupants, seul le Marsouin DUPLESSIX réussit à échapper au massacre. Des troupes seront envoyées en renfort. Quatre cents pirates sont tués ou faits prisonniers. Cet événement fut le prélude d’une série de soulèvements en Cochinchine. Successivement, les insurrections de Lai-Khe et de Thi-Thinh, puis de Hatien durent être réprimées.
La paix régna ensuite en Cochinchine.

 

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