2°RIMa, l'historique


De 1871 à 1914
Dès la fin de la guerre, les marsouins du "2" repartent pour les colonies vers de nouveaux combats. La Guadeloupe, le Tonkin, la Cochinchine et la Nouvelle-Calédonie seront leurs destinations. En 1878, un bataillon est envoyé en Nouvelle-Calédonie pour réprimer une insurrection canaque. Quand ils arriveront, la guerre sera finie... mais ils y resteront. C'est à cette époque que le Commandant GALLY-PASBOSC fut tué. C'était un ancien du "2". En 1880, les effectifs du "2" étaient les suivants : 4.548 officiers, sous-officiers et marsouins répartis en 43 compagnies.

L'épopée africaine.

1880 : La France veut étendre son influence du Sénégal au Niger et au Soudan. Un corps expéditionnaire partira de Brest et se joindra au détachement qui était commandé par le Colonel BORGNIS-DESBORDES. Ils participeront à la prise de Daba (Niger). 14 hommes seront blessés. Un mois plus tard, le Drapeau français flotte sur Bamako. Bien implanté au Sénégal, le Régiment enverra un détachement qui participera à la pacification du Dahomey. Le "2" participera à la prise de Porto-Novo où 350 hommes tiendront tête à 8.000 combattants indigènes. Les combats nous coûteront 8 morts et 75 blessés.

Les expéditions d'Extrême-Orient.

C'est en 1873 que le "2" prendra pied au Tonkin, mais ce n'est qu'en 1882 que les ennuis commenceront avec le gouvernement de Thu-Duc et la cour de Huê.

Le 25 avril 1882, après un bombardement de la flotille et de l'artillerie, les marsouins prendront d'assaut la citadelle d'Hanoï. Le 27 mars de la même année, ce sera la prise de Nam-Dinh. Pendant ce temps Hanoï était menacée par 4.000 annamites. Ils passeront à l'attaque mais seront bravement repoussés par les nôtres qui les poursuivront et prendront le camp de Gialuc. Les Pavillons Noirs semaient la terreur et bloquaient la petite garnison. Le 19 mai, 400 hommes feront une sortie pour tenter de dégager Cau-Giay. Après quelques succès, ils battront en retraite car l'ennemi était nettement supérieur en nombre et bien organisé. Cette sortie nous a coûté 15 hommes. Cette victoire des Pavillons Noirs connût un grand retentissement, ce qui les enhardit au point d'effectuer des raids et des pillages dans Hanoï même. A la fin du mois de mai, trois compagnies du "2" arriveront en renfort. Le 14 juillet, l'ennemi tentera une nouvelle attaque mais il sera repoussé.

Le Général BOUET décide de passer à l'offensive le 15 août. Le petit corps expéditionnaire est fractionné en trois colonnes. Yen-Thai, Phu-Hoai, Yen et Noi seront successivement repris. La mousson nous aidera à parachever notre victoire. Les eaux du Day monteront, emportant plus de 1.000 blessés ennemis. Les Pavillons Noirs se retireront. Cette expédition ne coûta que 3 hommes au "2". L'ennemi était maintenant à 25 kilomètres de Hanoï. Le 1er septembre, les troupes se dirigent vers Phong. L'ennemi est signalé à 8 heures. Les combats dureront 5 heures. La victoire sera acquise à rude prix : 8 morts et 18 blessés. Pendant ce temps, l'Amiral COURBET occupera Huê. Cependant, l'ennemi avait fait la démonstration de sa force et le gouvernement français décida d'envoyer des renforts. Quatre compagnies du "2" s'embarquèrent à Brest pour le Tonkin. Le 9 novembre elles arriveront à Haïphong. Grâce à ces renforts, les citadelles de Hong-Yen, Phu-Sa et Sontay seront reprises entre le 15 et le 16 décembre 1883. Les Pavillons Noirs se réfugieront à Hong-Hoa et à Bac-Ninh. Le 8 mars 1884, ils seront boutés hors de Bac-Ninh. Le 12 avril, après de longs préparatifs, le corps expéditionnaire reprendra Hong-Hoa. Les combats seront d'une rare violence et dureront deux jours. Les restes ennemis se replieront vers la Chine. Encore plus violents seront les combats de TUYEN-QUAN où le "2" paiera un lourd tribut en dégageant le Commandant DOMINE qui était assiégé depuis 4 mois par 15.000 Pavillons Noirs.

TUYEN-QUAN 1885 figure en lettres d'or sur notre Drapeau.

Peu après, c'est à Formose qu'il faudra intervenir ; huit compagnies du "2" s'embarqueront avec quatre du "3" pour aller y défendre nos intérêts. Le 1er octobre 1884, l'escadre ouvre le feu sur les positions ennemies. Les nôtres débarquent et passent à l'attaque ; ils prennent position sur le Mont Clement. Le lendemain, ils reprennent Kelung. Dix-sept hommes sont hors de combat. Les bataillons s'installent alors dans les redoutes qui bordent la route de Tramsni. Le 3 novembre, 1.500 à 2.000 Chinois attaquent le fort Leverger, mais ils sont vigoureusement repoussés.

Un traité est alors conclu entre la France et la Chine, mais les Chinois ne le respectent pas.

Il faudra encore combattre avant de reprendre Cao-Bang, Lang-Son, That-Ke et la citadelle de Yen-Te.

La situation empire à Formose. Un bataillon d'Afrique débarque à Kelung en janvier 1885 pour venir prêter main forte aux marsouins. Le mauvais temps empêchera la poursuite des opérations jusqu'au mois de mars. Du 4 au 8 mars, de violents combats sont engagés contre de nombreuses positions fortifiées qui sont à proximité de Kelung.

L'ennemi, battu en brèche devra se replier vers Tramsni. Au cours de ces opérations, les pertes expéditionnaires seront de 42 tués et 157 blessés. L'Amiral COURBET décide d'occuper les îles Pascadores. Le 3e Bataillon quitte Kelung le 28 mars ; le bombardement des forteresses qui défendent les forts de Pong-Hao et de Makung commence le 29 mars. Le 30, les troupes débarquent, marchent sur Makung et se rendent maîtres de la situation. Nous eûmes 1 tué et 6 blessés. Ce fut le dernier fait d'armes de l'expédition de Formose.

L'armistice entre la France et la Chine sera signé le 15 avril.

La conquête de Madagascar.

En 1885, le "2" enverra son premier contingent à Madagascar. Le bataillon partira de Toulon le 30 juin et arrivera à Tamatave le 23 juillet suivant où il sera rejoint par le bataillon de Formose rendu disponible du fait de l'armistice. Un officier anglais a fomenté une révolte en soulevant les Hovas. Le 10 septembre, il est décidé de mettre fin à cet état de fait. Une colonne de 1.500 hommes part à l'attaque des insurgés qui sont dans le camp retranché de Samahafy.Les combats ont duré deux jours ; dix des nôtres y furent blessés.

Les réorganisations.

En 1890, par dédoublement, le "2" forme le 6e Régiment d'Infanterie de Marine.

En 1898, le 2e de garnison est créé par prélèvement sur le "2" et sur le "6". Ce régiment formera ensuite le "21" en 1901.

En application de la loi du 7 juillet 1900, l'Infanterie de Marine devient l'Infanterie Coloniale et est rattachée au ministère de la Guerre.

Les marsouins du "2" seront au Tonkin de 1890 à 1892 et en 1898 pour la répression de Yen-The ; au Dahomey en 1892 et 1893 ; à Madagascar de 1895 à 1900 ; en Crête en 1898 ; en Chine contre les Boxers en 1900 ; de nouveau au Tonkin contre les pirates du Detham en 1908 et 1909. Enfin, au Maroc pour la conquête et la pacification en 1910 et 1911.

Partout, cadres et marsouins du "2" ont administré la preuve de leur valeur.

 

 

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