2°RIMa, l'historique


2 août 1914, le 2° Régiment d'Infanterie Coloniale est mobilisé à Brest...

Le 22 août, il arrive à Rossignol. Etant en avant-garde, il est immédiatement engagé aux côtés du 1er. A 9 heures 30, l'encerclement est complet, les mitrailleuses allemandes font rage de tous côtés. L'étau se resserre progressivement, pied à pied, nous cédons du terrain. A 16 heures, le Chef de Corps, le Colonel GALLOIS, est mortellement touché. Les Allemands investissent le château et prennent pied dans le village. Craignant que le Drapeau ne tombe aux mains de l'ennemi, le Marsouin LEGUIDEC l'enfouit à Villers-sur-Semoy, lors de la retraite. Le Régiment a perdu 2.850 hommes.
Le 23 août, le "2", ou ce qu'il en reste, participera à la bataille de Ville-sur-Toube. Le village est la proie des flammes, l'ennemi occupe le terrain. Le Lieutenant-Colonel DUBOUIS qui prit le commandement, tombe frappé en pleine poitrine. Ordre est donné de tenir les positions malgré le pillonnage d'artillerie dont il est l'objet. Le "2" se repliera le 30 août vers Barzieux et sera reconstitué le 17 septembre, avec 6 compagnies du 1er.

Le commandement sera assuré par le Lieutenant-Colonel RUEFF.

Le 25 septembre, il est en première ligne. Mélangé au "24" et au "22", il chassera l'ennemi de Minaucourt et tiendra bon jusqu'à sa relève le 19 octobre.

En novembre et décembre, nos "Anciens" se distinguent bravement en prêtant main forte à la 3e DI dans le bois de la Gruerie. Le 18 novembre, le commandement est pris par le Lieutenant-Colonel MOREL.

Le 14 juillet, inclut dans le dispositif de la 15e DIC, le "2" participe aux combats du bois Baurain où, grâce à sa combativité, il reprend plusieurs lignes de tranchées mais se retrouve isolé au milieu du dispositif ennemi car les lignards n'ont pas pu déboucher. Le Régiment perdra 1.350 hommes dont 28 officiers au cours de ces combats.

Du 11 au 15 août, le Régiment prendra part aux combats de l'Argonne où le bataillon STIEGLITZ se distinguera. Les pertes seront importantes : 15 officiers dont 11 tués ; 10 sous-officiers tués et 24 blessés ; 47 soldats tués, 341 blessés et 171 disparus.

Le 25 septembre 1915, le "2" repart à l'attaque en CHAMPAGNE, près du moulin de Souain. Les marsouins sortent des tranchées, le combat fait rage. Le Sergent BLOCH est entouré d'ennemis ; sommé de se rendre, il crie : "Jamais!". Il jette ses dernières grenades et meurt, touché en plein front.

Au cours de ces combats, 7 officiers seront tués, 15 seront blessés dont le Chef de Corps, 4 seront portés disparus. D'autre part, nous aurons 46 tués, 345 blessés et 538 disparus.

 

De décembre 1915 à décembre 1916, le "2" prendra part aux combats de l'Oise et de la SOMME, sous les ordres du Lieutenant-Colonel MONHOVEN puis du Colonel MAYER. Il se distinguera en particulier lors des combats de Dompierre, au cours desquels nous aurons 130 blessés, et lors des combats de la tranchée du Poivre où nous aurons une vingtaine de tués et une cinquantaine de blessés. L'ennemi aura des pertes considérables.

Le 16 avril 1917, le Régiment participera à l'attaque du Chemin des Dames. Après d'âpres combats, ils reprendront les tranchées de Franconie, de Courtine et de Battemberg. Les pertes seront sévères mais les nôtres continueront de se battre comme des lions. Le Caporal CLEMENT aidé par une poignée de marsouins repoussera une contre-attaque de 50 Allemands au cri de "Voilà les Boches, allez-y les gars!". Au cours de cette attaque qui durera deux jours, 6 officiers seront tués et 20 autres blessés ; 100 soldats tués et 700 blessés ou disparus.

D'avril à août 1917, le Régiment combattra en Lorraine, dans le secteur de Veho. Pendant cette pérode, il aura à faire face à de nombreuses escarmouches ; cependant, le 4 août, une attaque sera menée par 800 hommes de Stosstrupps bien entraînés et bien équipés. Ils seront repoussés et auront de lourdes pertes grâce à la vaillance des nôtres.

De septembre à novembre 1917, nous serons à VERDUN. Les gaz toxiques seront employés par l'ennemi. Dans ce secteur, "même les morts ne dorment pas en paix". Le 2 novembre , le Régiment est réorganisé et il retourne aux tranchées dans le secteur de Chauvroncourt. Le 11 mars 1918, une attaque ennemie est repoussée. Nous aurons un officier tué, un sous-officier et 6 marsouins blessés.

D'avril à juillet 1918, le Régiment sera dans le secteur de Mailly-Raineval (Meuse). Chaque jour, il y aura des blessés et des tués bien que le Régiment ne participe pas pendant cette période à des actions d'envergure. Le 10 avril, le Régiment sera transporté à Arches (Somme). Le 12 juillet, le bataillon PETITJEAN participera victorieusement à l'attaque de Louvrechy-Magny au cours de laquelle nous aurons 12 tués et 27 blessés.

Le 23 juillet, le Régiment se regroupe dans le bois de Gaune afin de participer à l'attaque de la côte 103 pour ensuite réduire la poche de Mailly-Raineval. Les bataillons GILLET et BONNARD prendront part à cette attaque victorieuse. Nous aurons 20 tués et 84 blessés ou disparus. Dans cette ambiance apocalyptique où même l'humus a disparu, il faudra tenir coûte que coûte. Les bombardements incessants et les attaques de l'ennemi provoqueront des pertes énormes ; nous aurons 14 officiers et 392 hommes tués, blessés ou disparus.

 

Le 5 octobre, le "2" sera relevé par le "5". Le 8 octobre, il remontera en ligne pour relever le "6" dans le secteur de Herdebois. Le 10 octobre, un bombardement d'une violence inouïe est le prélude à l'attaque de l'ennemi. La 1ère Compagnie sera anéantie avec tous ses officiers. Le Caporal LESSART, saignant de la bouche et des oreilles, prendra le commandement d'une section de braves après qu'il eût été enseveli par un obus. De la 2e Compagnie, il ne reste que des débris. La 3e Compagnie tentera vainement une contre-attaque pour reprendre la première ligne. Le 2e RIC sera relevé dans la nuit du 13 au 14 octobre. Nous aurons eu au cours de ce combat, 14 officiers et 368 hommes tués, blessés ou disparus.

Le Colonel PHILIPPE s'adressera à ses hommes en ces termes : "Avec des soldats tels que vous, la victoire est certaine". Dans son ordre du jour, le Général COLONNA d'ISTRIA aura ces mots d'une touchante vérité : "Les Marsouins connaîtront des journées plus radieuses, il n'en connaîtront pas de plus dures".

Du 24 au 25 juillet, le Régiment élargit son front. Dans la nuit du 3 au 4 août, le Caporal DUCHAMP, blessé au genou et aidé par quatre braves, tient un poste avancé ; il fera face à une attaque ennemie et se défendra "jusqu'à faire le coup de poing", jusqu'au moment où il sera abattu à bout portant. Dans la nuit du 7 au 8 août, des passerelles seront jetées au-dessus de l'Aure. Elles seront détruites pendant la nuit mais ceci n'empêchera pas les nôtres de partir au petit jour à la conquête du village de Neuville. Cette opération nous coûtera 24 tués et 99 blessés ou disparus.

Le 5 septembre, le Régiment sera transporté aux Eparges. Le 12, il participera à l'attaque du village de Saint-Rémy, de la côte Amaranthe et des Hauts de Meuse aux côtés de la 26e Division d'Infanterie U.S. A la fin de la journée, malgré la violence des combats, ils n'auront pu conquérir que les abords des objectifs fixés et déjà les pertes seront lourdes. Au jour, les combats reprendront. Dès lors, plus rien ne nous arrêtera. Les objectifs seront conquis. Successivement, les villages d'Herbeuville, Decauville, Nadonville et Saint-Hilaire seront repris à l'ennemi. Les pertes seront de 23 tués et de 133 blessés, mais la crête des Eparges sera reprise et la plaine de Woevre avec. Le Général américain CAMERON s'adressera dans son ordre du jour du 13 septembre 1918 au "2" en ces termes : "Honneur aux vainqueurs des Eparges! Le 5e Corps américain les salue".A cette occasion, CLEMENCEAU avait fait la route de Paris pour féliciter les troupes et encourager la population.

Du 2 au 11 novembre, le Régiment se battra dans les Hauts de Meuse aux côtés des Américains jusqu'au jour de l'Armistice. Pour faire face, l'ennemi sacrifiera ses meilleures troupes et nos pertes seront lourdes en cette fin de guerre : 45 tués, 137 blessés, 145 intoxiqués sera le dernier bilan du sacrifice du "2" pour la Grande Guerre.

Le 11 novembre à 6 heures 30 le cessez-le-feu retentit... Le "2" était prêt pour une nouvelle attaque.

Le Drapeau du Régiment fut retrouvé là où le Marsouin LEGUIDEC l'avait enterré, à Villers-sur-Semoy, chez Madame WARNIMONT.

Le 5 mai 1919, le Colonel PHILIPPE, présentant l’emblème du "2" à ses troupes, dit : "Voyez-le! Il est presque en lambeaux, il n'est plus guère qu'une loque mais combien chère et combien glorieuse!".

Au cours de la guerre de 1914-1918, le 2e Régiment d'Infanterie Coloniale aura été reconstitué plus de 10 fois. Les pertes du Régiment seront évaluées à la fin de la guerre à 20.000 tués et blessés, dont 825 officiers. Les récompenses suivantes auront été attribuées au "2" :

  • 4 citations à l'ordre de l'Armée
  • la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire.

Désormais, figurent en lettres d'or sur notre Drapeau :

LA MARNE 1914

CHAMPAGNE 1915

LA SOMME 1916

L'AISNE VERDUN 1917

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