2°RIMa, la réserve opérationnel
 
Les Réserves de l’armée de Terre

 

Qui ?

Etre volontaire et de nationalité française.
Etre âgé de 18 ans au moins, de 30 ans au plus (sauf dérogation).
Etre en règle avec les obligations du service national (nés après le 31 décembre 1979, vous devez avoir participé à la JAPD).
Etre reconnu médicalement apte.

Où ?

Auprès de la cellule de recrutement d’un régiment de votre choix (BRRCP)
Auprès d’un Centre d’information et de recrutement de l’armée de Terre (CIRAT)

Comment ? En signant un engagement à Servir dans la Réserve (ESR).

Cet ESR précise le nombre de jours d’activité annuelle défini de façon contractuelle entre le volontaire et la formation d’emploi.

Ils sont compris légalement entre 5 et 30 jours par an, jusqu’à 120 jours dans certaines conditions ;
Dans la pratique un minimum de 15 à 20 jours par an d’activité militaire est requis.
La formation initiale nécessite une disponibilité de 20 à 30 jours par an, groupés ou répartis par module.

 


En corollaire de la professionnalisation de l’armée de terre, sa réserve s’est transformée : d’une réserve nombreuse générée automatiquement par le service militaire en une réserve de volontaires sélectionnés ; d’une réserve de mobilisation en vue de la guerre à une réserve d’emploi pour ajuster en permanence l’outil militaire aux situations de crise.

 

Sans avoir bénéficié pendant la période de professionnalisation d’un haut degré de priorité, la montée en puissance de la réserve fait maintenant partie des mesures de consolidation de l’armée de terre, à la fois comme complément opérationnel et comme force de rayonnement et d’enracinement dans la nation.

1) Pourquoi une réserve L’armée professionnelle:

Avec des effectifs restreints, doit faire face à des situations variables en intensité et en durée. Elle peut avoir à absorber des pics d’activité, périodiques ou conjoncturels, ou avoir besoin occasionnellement de spécialistes ou de cellules spécialisées qu’il n’est pas nécessaire d’entretenir en permanence. Comme l’entreprise peut avoir recours à des intérimaires, l’armée dispose ainsi de militaires à temps partiels. Avec une grosse différence cependant puisque pour être apte à s’intégrer sans délais dans un milieu très spécifique en situation de crise, le réserviste aura acquis, outre les savoir-faire nécessaires, toute la culture propre au monde militaire dont il fait partie et au sein duquel un véritable parcours professionnel lui est proposé. Ainsi, la réserve opérationnelle doit permettre d’ajuster le format et les capacités de l’armée de terre aux situations auxquelles elle peut être confronté. En outre , l’évolution de notre société rend de plus en plus nécessaire une bonne compréhension des enjeux de défense par les citoyens, notamment ceux qui exercent des responsabilités sociales ou économiques. L’armée de terre développe dans ce but sa réserve citoyenne.

2) Politique d’emploi

La réserve opérationnelle de l’armée de terre est totalement intégrée et ne constitue pas, comme dans certaines armées étrangères, une force autonome.Les réservistes renforcent donc les formations d’active, soit comme complément individuels, soit en unités élémentaires de réserve au sein des régiments ; cette ressource crée la possibilité d’augmenter la capacité opérationnelle des formations jusqu’à 20%. L’activité moyenne annuelle du réserviste est actuellement de 20 jours et doit être portée progressivement à 27. Dans les faits, elle varie de 15 à 30 jours, mais peut aller jusqu’à 120 jours en mission opérationnelle. L’activité s’exerce aussi bien sur le territoire national qu’en opération extérieure. Au sein des régiments, les unités de réserve ont des missions spécialisées (une quinzaine d’unités du génie, de transport et de circulation) ou des missions de défense du territoire (une centaine d’unités d’intervention à l’horizon 2010). Ainsi, selon la loi de programmation militaire 2003 - 2008, la réserve doit renforcer l’armée de terre en situation de crise pour lui permettre à la fois de s’engager en opération extérieure et de contribuer de manière significative à la défense du territoire national.

3) La réserve aujourd’hui

Dès à présent les réservistes sont de plus en plus actifs dans la gestion des crises sur le territoire national, dans le domaine du secours aux populations à l’occasion de catastrophes (tempêtes - inondations - AZF - feux de forêt) ou de la sécurité générale (Vigipirate - renforcement de sécurité à l’occasion d’évènements exceptionnels). Près d’un millier de réservistes de l’armée de terre y ont participé au cours de l’année 2003. Ils contribuent notamment à renforcer l’organisation territoriale interarmées de défense au niveau de la zone de défense (Etat major interarmées de zone de défense) ou du département (Délégué militaire départemental). Il s’agit souvent de compléments individuels, mais certaines unités constituées du niveau de la section commencent à être engagées, comme à l’occasion du sommet d’Evian où deux sections de réserve du 27ème Bataillon de chasseurs alpins et du 22ème bataillon d’infanterie ont été mises sur pied.

Les réservistes volontaires et disponibles pour une durée de quatre mois peuvent participer aux opérations extérieures au titre des compléments individuels, soit au sein d’états-majors, soit au sein d’unités de combat ou d’appui. Certaines spécialités non spécifiquement militaires (juristes, linguistes, ingénieurs) sont très sollicitées au profit des cellules des affaires civilo-militaires (ACM). La contribution annuelle à ces opérations est actuellement de l’ordre de 250 réservistes de tous grades. Les réservistes en états-majors participent aux exercices nationaux ou interalliés ; ils constituent près de 40% des états-majors logistiques qui ne peuvent donc se mettre sur pied sans eux. En outre, 15% des réservistes ont des emplois de formation (encadrement des JAPD et des préparations militaires ; affectations au sein des écoles de l’armée de terre) et 10% environ ont des fonctions administratives ou techniques.

4) La montée en puissance

Avec 13.000 réservistes ayant signé un engagement à servir dans la réserve opérationnelle, l’armée de terre ne réalise aujourd’hui que 45% de son format qui , au terme de la montée en puissance, doit permettre , de disposer de 29000 réservistes volontaires. Ces réserviste sont pour 40% des anciens militaires d’active, les autres étant issus en majeure partie du service national. Pour compenser la disparition de ce dernier, le recrutement de réservistes sans expérience militaire préalable a été amorcé de façon significative en 2003. L’accroissement annuel de l’ordre de 2000 réservistes, réalisé en 2003, devrait se poursuivre jusqu’en 2011 sous condition de disposer du budget nécessaire. La formation initiale de ces jeunes est conçue pour leurs permettre de s’intégrer dans le monde militaire et d’être aptes rapidement à contribuer à des missions élémentaires de défense. Après une préparation militaire destinée à confirmer la motivation et sélectionner les aptitudes à l’encadrement, le jeune volontaire suit une formation initiale de 3 à 4 semaines avant d’être affecté dans son unité. Les candidats officier reconnus aptes font en outre un stage de 4 semaines à Coëtquidan. Un véritable cursus de formation continue leur est ensuite proposé, pour des fonctions de commandement ou de spécialistes (renseignement, langue, logistique, transport NBC etc...) L’école des O-R-S-E-M délivre le diplôme d’état-major qui permettra aux officiers d’accéder au grades d’officiers supérieurs.

5) Conditions d’emploi

Le dispositif contraignant, s’imposant à la fois au réserviste et à l’employeur, qui prévalait autrefois à fait place à une relation contractuelle, qui ne laisse subsister l’ordre d’appel qu’en cas de situation exceptionnelle sur décision gouvernementale par décret en conseil des ministres. En deçà de ce seuil fait aujourd’hui défaut un système de rappel partiel pour des durées limitées qui permettent de faire face à une crise d’intensité moyenne. L’emploi des réservistes, lié à la disponibilité particulière de chacun, ne peut aujourd’hui, malgré leur meilleure volonté, qu’être ponctuel. C’est pourquoi l’efficacité future de la réserve opérationnelle repose sur la relation de partenariat qui pourra s’instaurer entre les armées et les employeurs, lié à l’intérêt que trouvera l’entreprise a compter des réservistes parmi son personnel.

Conclusion

La part très importante prise par les réservistes américains et britanniques au conflit en cours en IRAK, lesquels ont pu constituer jusqu’à 10 à 15 % des forces engagées, ne permet pas de douter que la réserve est une composante essentielle de toute armée moderne. Plusieurs années sont encore nécessaires à nos réserves pour atteindre ce degré de maturité. L’armée de terre a résolument entrepris ce chantier qui exigera beaucoup d’énergie et de persévérance, des aménagements à la législation actuelle et un véritable partenariat avec les entreprises.



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